Cet article est publié par Expression Vénissieux et écrit par Grégory Moris.
Piano Phoenix réinvente le piano « Made in France ».
Au sein d’USIN Lyon-Parilly, Piano Phoenix développe et assemble des pianos qui veulent réconcilier l’acoustique et le numérique.
Découverte.
L’entreprise Piano Phoenix, installée à Vénissieux dans les locaux d’USIN Lyon-Parilly et employant cinq personnes, peut-elle réconcilier les amoureux du piano acoustique et les amateurs du piano numérique ? Elle en a en tout cas l’ambition, et s’en donne technologiquement les moyens.
« Notre souhait, c’est de réussir à réunir, dans nos pianos, l’âme de l’acoustique et la liberté du numérique », résume le dirigeant, Fadi Jabban. Pour cela, et contrairement aux pianos numériques classiques, les modèles Phoenix ne reposent sur aucun échantillonnage : le son est créé en temps réel grâce à des algorithmes développés par les équipes de l’entreprise. Avec un objectif : « Nous voulons faire en sorte que quand quelqu’un joue, il oublie la technologie pour ne retenir que l’émotion musicale, comme s’il était sur un piano acoustique, explique le dirigeant de l’entreprise. Par exemple, nous arrivons à intégrer dans le rendu sonore des éléments très difficiles à « sortir » pour un piano numérique tel qu’on le connaît actuellement, comme les vibrations du meuble ou les interactions des cordes entre elles. »
Déjà une vingtaine de conservatoires clients
Et le résultat est à la hauteur des attentes : un son vivant, dynamique, chaud, proche de celui d’un piano acoustique. Et adaptable, aussi, puisqu’une application — développée en France — permet d’ajuster finement les réglages. « Les musiciens peuvent créer leur identité sonore, assure Fadi Jabban. C’est quelque chose qui est très apprécié. Nous avons actuellement une vingtaine de conservatoires, en France ou en Belgique, qui nous font confiance, en plus des musiciens indépendants ou des amateurs. Cette communauté — nous avons plus de cent pianos en circulation actuellement, et bénéficions d’une croissance annuelle de +60% —, c’est aussi ce qui fait notre force : nous faisons le maximum pour intégrer les retours des utilisateurs. Nous aimerions aussi avoir des sons « signatures », basés sur les recommandations et réglages de grands artistes. C’est un travail en cours. »
Créée en 2019 et rachetée par Fadi Jabban, ancien ingénieur, au sortir de la crise du COVID, Piano Phoenix a, selon son dirigeant, « de beaux jours devant elle ». « Initialement, l’entreprise était connue pour son piano pliable. C’est un produit que nous allons arrêter, notamment parce qu’il coûtait très cher aux clients, près de 16 000 euros. Nous allons nous concentrer sur notre gamme actuelle, baptisée S, dont les prix démarrent à 5 990 euros. Le S2 sortira au cours de l’année 2026, aux alentours de la fin du premier trimestre. Nous avons déjà des précommandes de clients équipés du S1 qui ont hâte d’avoir entre leurs mains notre nouveau modèle. »
Comme le S1, le S2 restera assemblé à Vénissieux. « Le S1 est équipé de pièces fabriquées en France à hauteur de 71%, dont 40% dans la région. Avec le S2, on va plus loin : 90% de pièces françaises, dont 55% d’Auvergne Rhône-Alpes. Et un assemblage effectué ici, dans notre atelier de Vénissieux, à raison de huit heures par piano. »
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